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mercredi 23 juin 2010

Manifeste de l'instant présent, ou La tyrannie de l'œil photographique

Composé le 4 juin dernier, à 1h du matin, dans la ville de G., Espagne.

Qu'est-il arrivé à la beauté du moment présent? Son caractère absolument unique et nuancé, inévitable et insaisissable... Suivi d'un effritement plus ou moins important, selon l'importance du moment présent devenu moment passé. Cet effritement, loin d'être néfaste, représente un processus naturel et nécessaire au bon fonctionnement de la mémoire.

Depuis des siècles, l'homme tente de capter le réel. L'invention de la photographie et surtout sa démocratisation depuis les dernières cinquante années rendent un tel exploit accessible à tous.

Ah oui?

Vu par l'objectif, le réel sera toujours trafiqué, parfois pour le meilleur, mais souvent pour le pire. Les limites techniques des appareils, surtout de ceux destinés au consommateur moyen, font qu'ils n'arrivent pas à la cheville de l'œil humain en termes de sensibilité et de subtilité.

Je veux parler de ces hordes de touristes qui, désireux de parader la splendeur et le caractère nécessaire de leur voyage à leur entourage, aspergent l'espace public d'écrans pixellisés tentant désespérément de capter la magie des lieux. À la queue leu-leu, ils passent l'un après l'autre devant tel lieu d'intérêt pour en capter le même médiocre portrait. Une véritable chaîne industrielle. Et que dire de ces horripilants vidéos de concerts où l'on ne voit positivement rien (à part peut-être l'indifférence du vidéographe) et où le son est agressivement abject?

Que cherchent donc ces gens? À "immortaliser" des souvenirs? Bien loin d'immortaliser, ces clichés ne font qu'assassiner la beauté de l'instant présent en le transformant en vulgaire prétexte pour appuyer sur la détente. Au lieu de se demander ce qu'on peut apprécier et comprendre, on se demande en salivant, affamé, quel prochain point de vue justifiera quelques mégaoctets sur sa carte mémoire.

Pourquoi ne pas laisser la vraie mémoire faire son travail? Ne vivons pas esclaves de notre propre vanité photographique. La rétine humaine originale est encore ce qu'il se fait de mieux.

1 commentaire:

  1. Et pourtant. Check le number one photographe qui parle.

    Ce qui serait acceptable serait un équilibre des deux, comme ça on se souvient sans trop déformer la réalité.

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