Je te vois, je te vois, tu es là, auprès de mes doigts, tu es là, je te vois, si proche et inaccessible, je te vois; tu me vois, je suis ici, auprès de tes doigts, je suis ici, tu me vois, si proche et accessible…
Ferme les yeux, je ne suis qu’un rêve, ferme les yeux, tu ne me verras plus, ferme les yeux, je ne veux plus être aperçu, ferme les yeux; ouvre les yeux, je ne suis pas un mirage, ouvre les yeux, tu me verras, ici, ouvre les yeux, je veux que tu me remarques, ouvre les yeux…
Parle-moi, parle-moi de tout, parle moi, parle moi du bateau naufragé, notre bateau naufragé, parle moi, comment tu as survécu, parle moi, apprends moi, comment tu as survécu, parle-moi, parle-moi; ne dis rien, ne dis rien, ne dis rien du bateau naufragé, notre bateau naufragé, ne dis rien, car je n’ai rien à dire, je suis heurtée, coulée, j’ai atteint le sable, je n’ai rien à dire, je n’ai plus rien à dire…
Approche-toi, approche ton corps du mien, deux lèvres imprégnées, esquisse les creux de mon cou, aspire le parfum de mes perles, éprouve la pesanteur de mes épaules, frottement maximal; éloigne-toi, éloigne ton corps du mien, détachement inaudible de nos vies cloisonnées, suffocations de nos murmures disloqués…
samedi 22 mai 2010
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J'aurais dû te reconnaître :P
RépondreSupprimerJ'adore l'abondance des répétitions et l'abus des virgules, ça crée un rythme qui coule bien.